Pourtant… pourtant ! Tu lançais avec dédain mes fleurs dans l’eau endormie. Tu les jetais comme on crache quelques sombres insultes. Qu’attendais-tu, que je plonge pour ces horreurs ?
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Pourtant… pourtant ! Tu lançais avec dédain mes fleurs dans l’eau endormie. Tu les jetais comme on crache quelques sombres insultes. Qu’attendais-tu, que je plonge pour ces horreurs ?
Aux premières couleurs jaillissant du jardin sombre, aux notes qui m’attirent vers la rue…
L’odeur du parfum des fleurs en couronne ! Je sens du jasmin, je devine la caresse odorante des roses et les lilas. Les lilas.
Ils dansent tous comme dans un rêve. On peut les voir, virevoltant solitaires que la nuée emporte. La mélodie, elle les porte au dessus des crânes en sursit et des corps décharnées.
Je tente de les suivre, ramassant sur le chemin délaissé, pétales émouvants d’une fête nomade. Mes cris, mes appels retombent en écho près de ma tête étourdie.
L’un d’eux enfin se retourne, me considère et s’enfuit. Il m’abandonne au milieu de la rue désormais déserte.
Les autres, les somnambules et les marcheurs les ont rejoint.
On meurt assez vite mais on court assez longtemps.
Je suis un enfant de la mer
Que la houle solitaire
Trimbale de flot en flot.
Je m’invente des navires
Qui à la nuit expirent
Leurs antiques sanglots.
Une tempête m’a conté
Que l’océan enchaîne l’éternité
A son fond souverain.
Chaque pluie, chaque orage
Sur son flan se dégage
Pour finir au creux de ses reins.
L’abîme nous interpelle,
Nos pensées se mêlent,
Sinueux gouffre !
La mélodie nous porte,
Comme la mer transporte
L’âme qui souffre.
Les anges me suivent. Ils marchent derrière moi.
J’ai fait bâtir un ciel aux couleurs de merveilles,
A chacun de mes pas, leur espoir qui sommeille,
Verse sur mes traces, cendres et étoiles d’émoi.
De poussières d’astres, je crée la lumière,
D’ombres volages, je fais un cœur amoureux,
D’un océan informe et noir, un jour pluvieux.
De leurs instants inutiles, un geste de prière.
Mes souffles résonnent près de leurs têtes,
Ils cherchent une heure, un temps égaré,
Ils veulent des prairies, des monts, des vallées,
A eux, le nouvel horizon, la sainte conquête !
Le chemin se poursuit pour arriver au fleuve,
Les anges, devenus papillons sur la fleur se posent,
Ils se hâtent et voilà, je marche sur un pont de roses !
Sur mon esprit, les saints pétales pleuvent.
Ils étaient êtres étincelants, ils disparaissent dans la foi,
Tunnel sans fin de brouillards, dans lequel je chemine,
Pour qu’enfin leurs âmes à nouveau s’illuminent.
Les anges me suivent. Ils marchent derrière moi.
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